Communiqué de presse de la FSU
AESH sacrifiées : un choix politique contre l’école inclusive

La FSU dénonce le rejet, ce mercredi 7 janvier au Sénat, de la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, et ce, malgré le soutien marqué de l’opinion publique et des parents d’élèves . Ce rejet, soutenu par le gouvernement et la majorité sénatoriale de droite et du centre, constitue un choix politique lourd de conséquences pour l’école publique et l’inclusion scolaire.

Alors que 148 000 AESH accompagnent les élèves en situation de handicap, près de 49 000 élèves étaient encore privé.es d’accompagnement en septembre et la plupart de celles et ceux accompagné.es ne le sont pas à la hauteur de leurs besoins. Les AESH subissent une précarité structurelle : salaires d’environ 850 euros, temps incomplets imposés, absence de perspectives, formation insuffisante. Cette précarité financière se double d’une précarité dans le travail puisque les écoles et les établissements peinent encore à intégrer les AESH dans leur fonctionnement. Cette situation fragilise l’accompagnement des élèves et alimente la fuite du métier.

Les arguments avancés par le gouvernement, coût, rigidité, manque de souplesse, ne tiennent pas. Ils traduisent une absence de volonté politique, alors même que d’autres choix budgétaires continuent de favoriser les plus riches.

En agissant ainsi, le gouvernement et la majorité sénatoriale envoient un message clair : l’école inclusive n’est pas une priorité.

La FSU exige :

  • un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH
  • une rémunération à temps plein sur la base de 24h d’accompagnement
  • une formation initiale et continue qualifiante reconnue
  • la reconnaissance pleine de leurs missions
  • la suppression des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) et des pôles d’appui à la scolarité (PAS)

La FSU appelle à renforcer les mobilisations unitaires pour une école publique réellement inclusive, respectueuse des droits des élèves et des personnels.

Pétition en ligne : https://www.mapetition.org/AESH/index.php

https://fsu.fr/aesh-sacrifiees-un-choix-politique-contre-lecole-inclusive/

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Dans le cadre de la semaine de mobilisation pour les AESH, la FSU38 appelle, aux côtés d’autres organisations syndicales, à un rassemblement devant le rectorat Mardi 16 Décembre à 12h30.

La FSU se fait aussi le relais d’un excellent webinaire de la FSU-SNUipp sur le métier d’AESH, auquel vous pouvez (devez) vous inscrire pour le 17 Décembre à 17h : https://38.snuipp.fr/article/webinaire-17-12-aesh-un-vrai-metier

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Un métier essentiel du service public = un statut de fonctionnaire !

Pétition intersyndicale à signer et faire circuler massivement : https://www.mapetition.org/AESH/

Enfin : Victoire sur les primes REP et REP + :

Le 16 juillet 2025, le Conseil d’État a rejeté deux pourvois du Ministère de l’Éducation nationale faisant suite aux demandes de versement rétroactif de l’indemnité REP/REP+ pour les AESH exerçant dans des écoles et/ou établissements relevant de ces réseaux. Cette décision historique reconnaît enfin aux AESH des droits liés aux conditions de travail, comme pour les PE.

Cette décision de la plus haute juridiction administrative confirme une réalité depuis longtemps dénoncée par la FSU : les AESH exerçant dans des écoles et établissements REP et REP+ doivent bénéficier des mêmes droits que les autres personnels. Le versement de l’indemnité REP/REP+ est une mesure qui participe à la reconnaissance du métier d’AESH.

Un principe d’égalité réaffirmé

Dans sa décision, le Conseil d’État souligne ainsi la « méconnaissance du principe d’égalité » par le ministère, qui a conduit à priver les AESH de l’indemnité alors même qu’ils et elles exerçaient dans les mêmes conditions difficiles que les autres personnels qui en bénéficiaient.
La plus haute juridiction administrative rappelle donc que les AESH exerçant dans les réseaux d’éducation prioritaire sont confronté·es aux mêmes sujétions que les enseignant·es, PsyEN, personnels administratifs et éducatifs, qui elles et eux en bénéficient déjà depuis le décret du 28 août 2015.

Quelles suites ?

Cette décision fait jurisprudence : les AESH ayant travaillé en REP ou REP+ entre 2015 et 2022 vont désormais pouvoir demander la rétroactivité de l’indemnité, au même montant que les autres personnels et sans proratisation. Cette indemnité pourra être assortie d’intérêts moratoires pour compenser le retard de versement.

Cette décision constitue une victoire syndicale majeure. La FSU-SNUipp et le SNES-FSU  interviendront auprès du ministère pour demander l’application rapide de cette décision, mais également pour modifier l’indemnité actuellement en vigueur.

La FSU aux côtés des AESH

Toutes et tous les AESH ayant exercé en REP ou REP+ entre 2015 et 2022, ayant déjà déposé un recours contentieux ou n’ayant pas encore entrepris de démarches sont invité·es à prendre contact avec leur section départementale FSU pour faire valoir leurs droits.

Cette victoire qui s’inscrit dans des années de lutte du syndicat pour l’égalité et la reconnaissance des AESH, souligne toute l’importance de la mobilisation collective pour défendre les droits de toutes et tous.
Parce qu’il n’y aura pas d’école inclusive sans reconnaître toutes celles et ceux qui la rendent possible, le combat est loin d’être terminé : ensemble, continuons à agir jusqu’à l’obtention de la création d’un corps de fonctionnaire pour les AESH.