SD 38 - FSU de l’ISERE
organisations de retraité.e.s CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR FP, UNRPA et LSR (Isère)

"Exigences inaudibles" des organisations de retraités ?

Une députée juge leur communication déplacée

mercredi 1er juillet 2020 par FSU 38

Un scandale en démocratie

2 avril 2020, courrier au préfet de l’Isère
7 mai 2020, lettre de rappel au préfet de l’Isère

Un collègue du SNES a transmis aux parlementaires de l’Isère les courriers que le groupe des retraités 38 a envoyés au Préfet, l’interrogeant sur la situation des personnes âgées en EHPAD et à domicile.
Une députée LREM lui a répondu :

Monsieur,
Cette communication est pour le moins déplacée. Vos "exigences" sont inaudibles, et vos solutions dangereuses. Tous les français ont le droit d’avoir accès à un masque pour les accompagner dans ce déconfinement. Quant aux EPHAD, ils ont des dotations spécifiques, comme tous les soignants de l’hôpital.
Enfin sur le prix, j’imagine que vous n’avez lu aucun journal pour ne pas savoir que le marché mondial des masques connait une pénurie historique, et que dans ce contexte extraordinaire le prix des masques est passé de 0,07€ HT à 0,60€ HT (au mieux).
Alors s’il vous plait, laissez le Préfet faire son travail et cessez de commettre des exigences sans fondement.
Cordialement
Cendra MOTIN

La teneur et le ton de cette réponse sont inadmissibles. « Le groupe des 8 » a vivement réagi.

18 mai 2020 réponse des organisations à Mme la députée

Pour conclure, voici la réponse de notre collègue :

Bonjour Madame la Députée
Je vous remercie mais constate votre promptitude à répondre à ce message alors que bien d’autres attendent toujours une réponse depuis des mois ...
Et comme je serai un peu long, je vous envoie mes meilleures salutations.
Je veux vous répondre sur la forme, d’abord.
Nous pouvons être en désaccord sur la façon avec laquelle est menée la France par son Président, ses Ministres et sa Majorité, en débattre et c’est là la Démocratie ;
Mais il ne faut pas oublier les règles élémentaires de la convivialité et de la courtoisie ; quand vous terminez par l’expression devenue banale "cordialement", je ne vois pas de rapport avec le ton et le contenu de ce qui précède.
C’est vrai à propos des "sans dent", de "ceux qui ne sont rien" comme de ce que vous dites des revendications des Retraités.
Ces gens sont ceux qui ont permis, par leur travail, leur dévouement, leurs idées, leurs réalisations, leur abnégation parfois, leur solidarité toujours, que la France soit le grand Pays qu’il est aujourd’hui dans lequel vous vivez.
Ils méritent d’être respectés, écoutés, et par exemple de ne pas mourir seuls, confinés dans une chambre d’ehpad ou bien vivre sans pouvoir sortir de leur chambre, privés de visite, sans sortie comme cela a prévalu pendant deux mois à celui de Vigny-Musset, faute de moyens, de personnels, malgré le dévouement de ces derniers. État plus cruel que celui réservé aux prisonniers qui peuvent au moins sortir une heure. Mais qui vote le LFSS et l’ONDAM ?
Mais aussi de ne pas être repoussés vers la misère.
Votre lettre, ton et contenu, contredit ce que vous écrivez de vous sur votre site :

"Je suis accessible et souriante, parce que c’est ma nature ; je prends le temps d’écouter ceux qui me parlent, je m’intéresse sincèrement à ce qu’on m’explique, je ne suis pas partout à la fois, mais là où je choisis d’être. Je fais tous les jours, de la politique autrement avec pour fil rouge, l’intérêt général."

Le confinement vous a-t-il à ce point changé ?
Une Députée, Élue du Peuple (dont beaucoup de Retraités) doit pouvoir supporter la
contradiction sans être agressive. Elle doit aussi respecter la "distanciation" entre le Parlement et l’État sans prendre la défense du Préfet qui le représente lorsqu’il est "empêché de faire son travail" (dont fait pourtant partie la remontée des revendications vers sa hiérarchie) par des Citoyens.

Sur le problème des masques et la question de savoir si je lis les journaux, la réponse est oui, comme vous allez pouvoir le lire ; mais peut-être pas ceux que vous avez l’habitude de lire ? :
Je ne méconnais pas que le problème ne date pas de ce gouvernement mais pas non plus que le Président actuel a fait partie du précédent, dès sa constitution en mai 2012, en tant que secrétaire adjoint de l’Élysée puis Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique jusqu’en août 2016. Il a donc influencé et maintenant décidé la politique de la France presque sans interruption.
En juillet 2011 la Direction générale de la santé constate : "les stocks disponibles en masques FFP2 sont équivalents (…) à 600 millions d’unités. Les stocks disponibles en masques chirurgicaux représentent 800 millions. Il ne semble donc pas exister dès lors de vulnérabilité particulière", conclut-elle.
"Quand je quitte mes fonctions (de Ministre de la santé) en 2012, il y a donc 1,4 milliard de masques en France", relève Xavier Bertrand.
L’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) est une agence française de sécurité sanitaire était un établissement public administratif sous tutelle du ministère de la Santé français créé en 2007. Il était chargé de gérer pour le compte de l’État les stocks stratégiques nationaux de produits de santé, notamment les vaccins et les masques chirurgicaux et FFP2. Dissout en 2016 au profit de Santé publique France.
Les travaux, très importants, de EPRUS sont alors abandonnés.
De mai 2012 à mai 2017, Marisol Touraine est ministre des affaires sociales et de la santé. Le véritable tournant dans la gestion des stocks se situe en 2013.
En mai 2013, un rapport du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, rattaché au Premier ministre, daté du 16 mai 2013, modifie la "doctrine de protection des travailleurs face aux maladies hautement pathogènes à transmission respiratoire" ; le masque FFP2 est considéré comme "plus coûteux, moins confortable et moins bien supporté par les porteurs que le masque anti-projections." Il est recommandé "lorsqu’il y a contact étroit sans possibilité de mettre en place une autre mesure."
Et la gestion des masques est transférée à l’employeur. "Il revient à chaque employeur de déterminer l’opportunité de constituer des stocks de masques pour protéger son personnel", estime le SGDSN.
On a vu ce que cela donnait : des Personnels de santé en manque, l’industrie qui en
monopolise pour continuer la production de biens non indispensables et la grande distribution ou les bureaux de tabac qui en vendent ...
Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, avait reçu dès 2018 une note l’informant que le stock d’État de masques était en grande partie périmé et insuffisant. En mai 2019, l’agence Santé publique France publiait un avis de médecins experts réclamant la constitution d’un stock d’un milliard de masques.
Le 29 janvier 2020, Louis Gautier déclare : « Je ne comprends pas : pourquoi n’ont-ils pas encore déclenché le plan pandémie ? On perd un temps précieux ! »
Ce haut fonctionnaire était, de 2014 à mars 2018, le patron du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), organisme dépendant de Matignon, chargé d’élaborer les réponses étatiques en cas des crises graves de sécurité, qu’elles soient liées au terrorisme, ou environnementales, ou sanitaires.
Le 7 avril 2020, le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré lundi au Parisien : "Les masques commandés par la France en Chine seront livrés par toute une série de vols d’ici la fin juin" .

Nous ne sommes pas encore tous équipés bien que "Tous les français ont le droit d’avoir accès à un masque pour les accompagner dans ce déconfinement. Quant aux EPHAD, ils ont des dotations spécifiques, comme tous les soignants de l’hôpital".
Et pour rafraîchir votre mémoire qui semble défaillante, un petit résumé :

https://www.mediapart.fr/journal/france/020420/masques-les-preuves-d-un-mensonge-d-etat
+
https://www.youtube.com/watch?v=GCSjpYVC9Dw&feature=youtu.be

Encore une fois, recevez mes bien cordiales salutations.
Daniel


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